Tablature ou pas tablature ?

Ghost

Pour ceux qui pensaient que la tablature était une invention moderne héritée des plus grands millésimes du rock, et bien ...c’est loupé et dans les grandes largeurs ! La première erreur que tout le monde fait, c’est de penser que tablature est réservé aux instruments modernes. Et bien sachez pour la petite histoire que l’on trouve (c’est un exemple parmi tant d’autres), des tablatures de Luth datant du XVème siècle ! Comme quoi le monde moderne n’a rien inventé !


Après cette petite mise au point, deux choses restent obscures dans la tête de bon nombre de musiciens. Je m’explique. Aujourd’hui, et principalement pour gagner du temps (enfin c’est ce que l’on voudra vous faire croire), la tablature règne en maître absolu sur de nombreux instruments (guitare, basse, etc.). Le procédé a le mérite en effet de permettre à un étudiant peu soucieux de se casser la trogne, de satisfaire ses instincts les plus bas d’apprenti musicien.

Reste qu’en terme de notation, l’universalité de l’écriture musicale a été au fil des siècles, un moyen non seulement de préserver pour les générations futures un patrimoine artistique considérable, mais aussi de permettre à ceux qui avaient pris la peine d’apprendre cette langue, de redonner vie aux talents de nos estimés aïeux.

La pratique du solfège ayant poussé quantité de musiciens à jeter l’éponge (la sélection naturelle surement), des chemins de traverses sont subitement apparus. Mais se laisser tenter par la facilité c’est comme je dirais passer du “côté obscure de la force” ;-) En effet, la partition et la tablature sont deux choses différentes. Si la première apporte la notion de hauteur sonore en plus de l’aspect technique de l’instrument, la tablature est elle spécifique à son instrument et propose une solution d’apprentissage plus rapide (tout du moins au début).

Alors vous allez me dire : “Pourquoi ne pas aller au plus simple plutôt que de se mettre la rate au court-bouillon ??

Pour une raison qui essentielle qui sera valable aujourd’hui comme demain : “l’universalité du langage”. Plusieurs dizaines de langues (surement beaucoup plus d’ailleurs), sont parlés dans le monde, et ce qui nous pose souvent des problèmes lorsque nous quittons notre territoire national. En musique, ce problème ne se pose pas puisque le système de notation restes quand à lui le même pour tous. Depuis des lustres, quelque soit l’endroit d’où vient un musicien, s’il maîtrise le langage, il pourra tout de même communiquer avec d’autres. La notation musicale dite “classique” est une langue comprise par tous.

Pour en revenir à la basse et à son apprentissage, sachez que les contrebassistes qui ont reçu une formation “classique”, n’ont jamais eu à apprendre le système des tablatures.
Pourquoi ? Et bien tout simplement parce qu’ils ont pu s’en affranchir en apprenant à lire la musique comme elle a toujours été. Pourquoi s’exclure d’un monde ou tout le monde pourrait se comprendre ? Certainement parce que la feignantise pousse parfois des "musiciens égarés" à faire les mauvais choix.

J’ai souvent entendu des musiciens adeptes de la tablature me rétorquer qu’elle était indispensable à ceux qui voulaient connaître les bonnes positions.
FAUX ! Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise position, tout simplement parce que tout cela dépend du contexte. Mais l’argument lui-même est bien souvent avancé par ceux qui sont loin de connaître leur manche sur le bout des doigts ;)

Alors j’en entends d’autres me dire : “Oui mais sur une basse on peut faire la même note à différents endroits du manche c’est pour ça que c’est bien la tablature”. Encore une fois on tombe dans la “facilité facile”. Demandez à un violoniste, ou encore à un violoncelliste si ses partitions sont écrites en tablatures (et pourtant ça ne les a pas empêchés de faire de la musique). La pratique de l’instrument permet d’acquérir les placements nécessaires à l’évolution d’un musicien lorsqu’il joue une partition. Même s’il n’a pas de tablatures pour lui servir de béquilles, si il a suffisamment de bouteille, il s’en sortira avec les honneurs (et oui l’expérience c’est ça aussi).

Alors posons-nous la vraie bonne question : “Est-ce bien utile de travailler avec des tablatures ?

Très globalement, et après avoir fait le tour de la question, la réponse est NON ! Libérez vos esprits d’un système qui n’a qu’un intérêt dérisoire et qui montrera rapidement ses faiblesses. Laissez tomber vos cannes blanches et prenez conscience qu’il faut ce qu’il faut pour mériter ses galons de musiciens. Si vous devez "vous faire mal" en travaillant correctement le solfège, alors faites-le et ne vous posez pas de questions inutiles ! Vous verrez vous ne le regretterez pas de sitôt ! Et puis demandez à un musicien lambda de déchiffrer à vue un morceau tout entier réalisé en tablatures. Ils ne doivent pas être nombreux à savoir le faire :)

Sinon vous, tablature ou pas ?

À bientôt, ici ou ailleurs…




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